Les invités d’AlternaLivres 2015 – revue de presse

Dominique Bordes, éditeur : « J’ai publié ces auteurs pour me sentir un peu moins seul »
Par Erwan Desplanques – Télérama
Depuis trois ans, il voit sa cote grimper. La presse lui a taillé une réputation de découvreur hors pair, publiant peu et visant juste, à rebours de « l’incontinence éditoriale » actuelle. « Moi, je serais plutôt dans le tantrisme éditorial », dit-il. Il sort rarement plus de trois titres par an, dont beaucoup d’Américains inconnus, à défaut de pouvoir surenchérir sur les droits d’un Stephen King ou d’un Dave Eggers. Les manuscrits français ne l’intéressent pas. « Pas assez bons. » Il cherche la perfection ailleurs. Et détecte des textes oubliés avec une méthode spéciale, à l’intuition – « Je ne lis rien en anglais » –, achetant ainsi des œuvres anglo-saxonnes méconnues sans les avoir lues, juste en se fiant à ce qu’il perçoit de leur teneur, de leur aura, à travers les commentaires qu’elles ont pu susciter ici et là, chez les écrivains ou les critiques. Il demande ensuite à un lecteur anglophone – qu’il recrute généralement sur Facebook – de confirmer son impression en lisant le roman. Ensuite, il fait circuler l’objet à d’autres, embauche un traducteur et retravaille sans relâche le texte avec une flopée de bénévoles (tous crédités à la fin de l’ouvrage) ; ce qu’il appelle le « processus d’excellence » pour parvenir au texte « sublimé » qu’il s’est imaginé en achetant les droits. Pour Et quelquefois j’ai comme une grande idée, le deuxième roman de Ken Kesey (l’auteur de Vol au-dessus d’un nid de coucou), le projet a pris huit ans, sollicitant une quinzaine de personnes. Mais quand il tient un roman de ce calibre, ses yeux se mettent soudain à pétiller comme s’il venait d’acquérir un pur-sang, prêt à prendre tous les paris.

Dérive nocturne d’un homme blessé
Par Bruno Corty, Le Figaro littéraire
Félix va boire toute la nuit pour oublier le gâchis de sa vie. Lorsqu’il croise, dans sa dérive nocturne, une Louise qui lui plaît et à qui il plaît aussi, il s’emballe puis renonce très vite. «Et le pire, ce pour quoi il s’en veut le plus, c’est qu’il se sent soulagé. Lâche! Pas d’effort de séduction à faire. Pas de pression. Elle est partie, il peut enfin retrouver un battement de cœur normal et retomber dans sa banale apathie du quotidien.» Félix est castré du cœur. Amputé du désir. Celle qu’il appelle «le fantôme» lui a verrouillé l’âme. Depuis des années, il court après son ombre. Les autres femmes ne sont que des copies. Pas à la hauteur de l’original. Devant la Sorbonne, il se souvient du bon temps. Il vient d’avoir trente ans et déjà il radote, se répand. Nous fait le coup du «c’était mieux à vingt ans». En chemin, il tombe sur une clique de sexagénaires qui s’arsouillent et l’invitent à se joindre à eux. Mais les anciens ont le vin violent et Félix s’esbigne. Dans une boîte de nuit, il provoque un type dont il a dragué la copine. Il a envie de se battre et finit piteux entre les mains des videurs. Retrouvera-t-il Louise? Alain, le héros du Feu follet de Drieu, voulait que ses amis l’aident à mourir. Le Jacques d’Oscar Coop-Phane se chargeait tout seul de la besogne. Le Félix d’Éric Metzger est un garçon d’aujourd’hui: désabusé mais pas révolté. Il pourrait sauter dans la Seine mais finit par rentrer chez lui. Où il va pouvoir cuver son vin et rêver confortablement de son fantôme en attendant la retraite ou le cancer. Ce roman se dévore à la vitesse d’un scooter lancé à fond dans la nuit de Paris. Pas de gras. Pas d’effets de manche. À suivre.
La nuit des Trente, d’Éric Metzger, L’Arpenteur

Babylone underground
Par Sébastien Claeys, le Globe lecteur
Au-delà des événements picaresques et distrayants, dignes des romans d’aventure et pleins d’humour noir, le tournant du roman s’effectue lorsque Gadalupe est sauvagement assassinée dans les rues de Buenos Aires. Tragique retour à la réalité sociale violente et cruelle pour les transsexuels qui n’ont pas plus de 35 ans d’espérance de vie. Le récit prend alors un tour de thriller haletant avec l’enlèvement de Florencia, la maîtresse de Marguerite-Gaston, par un flic véreux qui la vend dans les bars à prostitués de Valparaiso. Nous nous nous enfonçons alors avec Marguerite-Gaston, à la recherche de Florencia, dans la dure réalité des maisons closes de Valparaiso, où la réalité sociale sordide de la prostitution est montrée sans fard et sans complaisance. Au-delà de la surface dure et froide de la réalité, le roman ne cesse de dévoiler une autre dimension ; sous les pavés, un sous-sol (underground) de lave en fusion. Cet arrière-monde qui guide les actions de nos héros n’est autre qu’un magma de rêve et de poésie. Tout l’effort du roman est alors de nous faire passer de l’autre côté, du côté des soubassements, des coulisses, du script perdu et oublié, mais qui n’en est pas moins capital : l’origine masquée, la perte de ses enfants, l’identité sexuelle niée… Pour mieux dire, le roman donne corps à l’absence et au refoulé, un corps opérant dans la réalité de tous les jours, et que le héros devra faire sien pour prendre enfin le contrôle sur son destin. Car, si une certaine forme d’amnésie semble nécessaire pour se libérer des carcans et vivre une vie bien à soi, une vie pleinement créatrice et ouverte à la poésie du monde – et non pas une vie imposée par les autres, sa femme, ses parents, etc. – prenons bien garde à ce que tout ceci n’aboutisse pas à faire de nous des fantômes, des personnages de comédie menés à l’aveugle par les petites cailloux blancs qui parsèment le chemin de notre vie.
Eloïse Cohen de Timary, Babylone Underground, Serge Safran Editeur

Monnot Mania
Stéphane Monnot, Benzine Mag

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Là où Benjamin Fogel est très bon, c’est dans la façon de traiter son sujet. Il aurait pu se contenter de relater les faits sans se mêler de grand-chose d’autre, la matière première étant finalement hyper riche, mais non… Il monte, bâtit, échafaude son ouvrage en « roman », comblant les vides par de la fiction, des dialogues, il réinvente la vie de Howard Devoto, le fait parler, réfléchir, se regarder dans le miroir en associant calvitie naissante et psychologie-métaphysique. Tu te retrouves avec l’analyse de l’auteur dans la tête de son héros. Non seulement ça passe tout seul mais en plus ça la crédibilise : ce n’est pas lui qui extrapole mais Devoto qui pense. Le procédé, complètement schizophrène, est d’une grande habilité. Te voilà donc baladé entre réalité, analyse et fiction au fil des quasi deux cents pages de cet ouvrage frontalier de la bio, de l’essai journalistique et du roman. Langue très agréable, classique, s’acoquinant de quelques timides familiarités finement placées pour mettre le doigt où ça fait mal. La vie ahurissante et les choix péremptoires de Devoto, sont prétexte à une étude poussée de la scène rock anglaise des années 70/80. Loin de la bible pour fan hardcore Le Renoncement De Howard Devoto ne requiert aucun bagages ou savoir encyclopédique, il raconte la vie d’un type hors du commun qui navigue en zigzags et ne revient jamais sur ses décisions… la vie d’un type qui aimerait bien avoir le génial talent polymorphe de Bowie et qui se fait piquer la vedette par le suicide de Ian Curtis.
Le Renoncement De Howard Devoto, Benjamin Fogel, Le mot et le reste

Bernard Quiriny par Augustin Trapenard, France Inter :
http://www.franceinter.fr/emission-boomerang-les-histoires-assassines-de-bernard-quiriny

Au programme de l’édition 2015

Au sommaire de ce 24 octobre :

10 h 00 // médiathèque de Messey-sur-Grosne
MATIÈRE A LIRE – C’est quoi, un libraire ? Avec l’équipe de La Mandragore (Chalon-sur-Saône)

11 h 00 // médiathèque
ÉVÉNEMENT – Inauguration de la médiathèque « l’épicerie des mots »

14 h 00 // salle des fêtes de Messey
CAFÉ LITTÉRAIRE #1 – Histoire de revues : Décharge, Les Refusés

15 h 00 // salle des fêtes
PROJECTION – documentaire « Maurice Genevoix » de Jacques Trefouël, en présence du réalisateur

16 h 30 // salle des fêtes
CAFÉ LITTÉRAIRE #2 – L’éditeur, passeur d’histoires (Monsieur Toussaint Louverture, Serge Safran Editeur)

17 h 30 // médiathèque
LECTURE DE JULIEN PILLOT – Cris, de Laurent Gaudé

18 h 15 // salle des fêtes
CAFÉ LITTÉRAIRE #3 – Sous les histoires (Eloïse Cohen de Timary ; Bernard Quiriny, Eric Metzger, Benjamin Fogel)logo médiathèque messey

Saison 3, l’affiche

Notre graphiste a rendu sa (belle) copie. Et nous ne résistons pas au plaisir de la partager avec vous.

2015 AL afficheLe 24 octobre 2015, à Messey, il y aura donc du beau monde… Soit deux éditeurs prestigieux (Serge Safran éditeur, Monsieur Toussaint Louverture), trois primo-romanciers, un fantastique auteur de nouvelles, deux revues littéraires… Le tout cornaqué par le journaliste François Alquier. On vous a gâtés cette année.

 

Retour en arrière… avant le bond en avant

La troisième édition d’AlternaLivres aura lieu dans un peu plus de six mois, soit le 24 octobre 2015.

En attendant de vous en dire plus, un petit retour en arrière…

En 2012, puis en 2013, ils sont venus en Saône-et-Loire :

alternalivres1&2Alain Kewes – Rhubarbe / Serge Filippini / Bruno Doucey / Jacques-François Piquet / Pierre Vavasseur / Laurent Cachard / Laurence Santantonios / Nicolas Francannet / Marc Roger / Manon Moreau / Brigitte Lo Cicero / Les Refusés / Raison et Passions / l’exposition François Maspero / Potentille / Jean-Maurice de Montremy / Delphine Montalant / Le chèvrefeuille étoilée / Manuel Daull / La dernière Goutte / Garance Hayat / Alna éditeur / Antoine-Léonard Maestrati / Le Murmure / Bleu pétrole / Indigène éditions / D’un noir si bleu / Jacques Treffouël / Romain Ozanon / Gretel Delattre / Cephisa Cartonera / La Différence / Les éditions des Femmes…

Et nous vous promettons, pour 2015, d’autres belles rencontres.

A très bientôt !

2014, 2015

C’est décidé, c’est acté : AlternaLivres va marcher sur les traces de Venise, et passer en mode biennal. Après 2013, 2015, donc. On en reparle vite.

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En attendant, l’association support d’AlternaLivres réfléchit à d’autres choses pour les années paires… De cela aussi, on recausera bientôt. Patience…

Bonnes fêtes de fin d’année, haut les livres !

 

Mais c’est quoi au juste, AlternaLivres ?

Comment ? Vous ne connaissez pas AlternaLivres ? Vous n’avez pas bravé la tempête qui s’est abattue en juin 2012 à Cuisery pour venir écouter Bruno Doucey parler de Pierre Seghers, Marc Roger lire du Maïakovski, ou bien Pascal Arnaud répondre aux terribles questions de Jacques-François Piquet ? Résumons donc l’épisode précédent, et parlons ensuite de l’avenir…

AlternaLivres le clame haut et fort : non, le livre n’est pas un bien comme les autres. Non, la littérature n’est pas devenue (qu’) une industrie uniquement préoccupée par des considérations de profits. Certes, certains ne cherchent à vendre que ce qui marche. Mais des éditeurs indépendants tentent toujours, tentent encore de lutter contre l’uniformisation des goûts et la standardisation. Ce sont ces éditeurs indépendants et engagés ; ces maisons à trois, quatre, voire à un seul salarié, ces structures qui osent encore imprimer des recueils de nouvelles ou de poésies, des romans inclassables, des O.L.N.I. (objets littéraires non-identifiés) ; ces artisans du livre qui publient des auteurs avant de publier des livres ; ce sont ces éditeurs-à hauteur-d’Homme que nous voulons mettre à l’honneur. Avec le souci constant, par ailleurs, de s’adresser à tous les lecteurs : les érudits, les amateurs de littérature, les novices ou les simples curieux. Bref, Alternalivres veut prouver au plus grand nombre qu’un autre monde des livres est possible.

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Après le thème de l’engagement en 2012, AlternaLivres consacrera sa deuxième saison à l’ « édition au féminin ». Comment devient-on éditrice ? Est-ce difficile de s’imposer dans un univers tenu pour impitoyable ? Quel a été leur parcours ? Comment travaillent-elles ? Ces questions (et bien d’autres) seront posées à Catherine Argand (Alma éditeur), Colette Lambrichs (La Différence), Christine Ferragut (Alna éditions), Delphine Montalant, Laurence Santantonios (éditions du Mauconduit), Nathalie Eberhardt (La Dernière Goutte), Behja Travesac (Chèvre feuille étoilée), Anne Belleveaux (Potentille), ou encore Sylvie Crossman (Indigène). Les cafés littéraires seront animés par Jacques-François Piquet (écrivain modérateur) et Marc Roger (lecteur public) de La Voie des Livres, compagnie qui a fait le succès de la première édition d’AlternaLivres.
Mais ce n’est pas tout, loin s’en faut. Un débat sur l’avenir du livre se tiendra le samedi après-midi, en présence de celles et ceux qui « font » le livre en Bourgogne, libraires, bouquinistes, responsables culturels ; il sera animé par le journaliste Pierre Vavasseur (Le Parisien/Aujourd’hui en France). La soirée du samedi sera consacrée à Antoinette Fouque, psychanalyste, éditrice, essayiste, politologue, et fondatrice des Éditions des femmes : après la diffusion d’un documentaire, l’éditrice sera interrogée par le journaliste Christophe Bourseiller.
Durant le week-end, un téléfilm sur George Sand et un documentaire consacré à Andrée Chedid seront également projetés, en présence de leurs réalisateurs.
Bien entendu, les incontournables séances de dédicaces permettront au public d’aller à la rencontre des éditeurs et auteurs présents.
Enfin, en marge d’AlternaLivres, Cuisery accueillera les 15 et 16 juin, à la galerie d’art du Moulin Cochard, l’exposition « François Maspero et les paysages humains », créée en septembre 2009 par une structure associative, La Maison des passages, et la librairie A plus d’un Titre. Soit une rencontre avec François Maspero, éditeur essentiel de 1958 à 1982 et écrivain contemporain auteur de douze livres et de plus de soixante-dix traductions.
Soit un joli week-end littéraire en perspective !

Les organisateurs
Didier Ray – Arnaud Dudek

L’appli d’AlternaLivres 2013 déjà disponible

Nous n’en avions même pas rêvé. Ils l’ont fait.
Label Presse, agence de communication, et Initial Soft, société de prestations informatiques, ont conçu rien que pour nous un outil de communication moderne, intuitif, éco-citoyen, innovant (et totalement inédit, à notre connaissance, pour les salons et rencontres littéraires).
Soit une application pour smartphones dédiée à AlternaLivres.
Cette solution informatique, véritable communiqué de presse virtuel, donne accès au programme détaillé des rencontres littéraires, présente l’association support d’AlternaLivres, donne les coordonnées de Cuisery (avec lien automatique vers le GPS embarqué du téléphone)…
Il est téléchargeable depuis tout mobile équipé du système d’application Android, via le Google Play Store, et sur iOS via l’Apple Store.
Nous vous invitons dès aujourd’hui à découvrir et à télécharger l’appli dont s’est dotée AlternaLivres, le plus sûr moyen de ne rien rater au sujet de nos rencontres littéraires. Et à diffuser ces informations autour de vous… Merci d’avance !

Au programme de l’association La lanterne

Créée en 1997 à Montceaux-Ragny (commune qui fut longtemps la plus petite du département de Saône-et-Loire), La Lanterne est notamment L’association support d’AlternaLivres, rencontres littéraires réunissant des acteurs culturels dynamiques et engagés, éditeurs militants, libraires aux convictions bien ancrées, auteurs passionnés œuvrant tous en artisans du livre à hauteur d’homme, et ouvrant les livres à tous les publics sous formes de débats, de lectures et de séances de dédicaces. AlternaLivres a rassemblé avec succès, en juin 2012 et en juin 2013, des amoureux de la littérature et des éditeurs indépendants à Cuisery, Village du Livre, et sa prochaine édition aura lieu fin septembre 2015.

En attendant AlternaLivres 3, donc, La Lanterne (dont le cœur d’activité est d’organiser, avec l’aide de la Fédération des Foyers Ruraux, des séances régulières de cinéma qui permettent aux petites communes environnantes de pouvoir assister, toutes les cinq semaines, à des projections de film en 35mm, puis au format numérique) organisera notamment, le 13 septembre, en partenariat avec le cinéma La Palette de Tournus, une soirée japonaise.

Soit :

– 13/09 à 19 heures, projection du documentaire  « Quand les îles se rencontrent – le chant polyphonique corse au son du koto japonais », en présence du réalisateur. Durée : 52 mn – Tout public. Entrée libre et gratuite.

http://www.mcjp.fr/francais/cinema/archives-101/quand-les-iles-se-rencontrent

– 13/09 à 22 heures, projection du film Le Voyage de Chihiro, film d’animation japonais écrit et réalisé par Hayao Miyazaki et produit par le Studio Ghibli sorti en 2001. Durée : 2 Heures – tout public. Tarif 4€50.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Voyage_de_Chihiro

A venir également, d’autres projets d’actions communes avec la Palette et le village du livre de Cuisery dont :

– le mois du documentaire en novembre 2014 ;

– en 2015, une soirée cabaret , avec projection documentaires, en présence des réalisateurs, sur l’histoire des cabarets en Corse et en France, suivi d’un concert chanson française.

– en 2015, une soirée Louis Pergault.

On vous en reparle vite !