Le Manifeste AlternaLivres

Quelques chiffres, tout d’abord…

(1) Sur le marché de l’édition, les 5 mastodontes que sont Hachette (Grasset, Stock, Lattès…) Editis (Robert Laffont, Julliard, Plon, Bordas, Nathan), France Loisirs, La Martinière / Le Seuil et Gallimard-Flammarion publient ou diffusent 70% des livres en France

(2) Plus de1200 maisons d’édition sont inscrites juridiquement en France

(3) Le Centre National du Livre (CNL) distribue chaque année plus de 5 millions d’euros d’aide à l’édition ; ce ne sont pas les plus petits qui en bénéficient.

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Évidemment, la concentration culturelle met en danger l’édition de livres de qualité
.

La prise de risque est bannie des rayons. Les grands groupes misent sur des titres fades, sans saveur, susceptibles de plaire au plus grand nombre. Ces titres sont fourgués en masse, de la page d’accueil d’Amazon au rayon « culture » des grandes surfaces. On ne nous propose pas de poésie contemporaine, on préfère surexposer des vite-lus-vite-oubliés. Cent mille exemplaires du dernier Marc Levy (Robert Laffont / Editis) nous attendent entre le rayon des nouilles et celui des shampoings…

Fort heureusement, quelques éditeurs indépendants tentent encore de résister à la logique de l’uniformisation et de l’appauvrissement culturels. Dans l’ombre, ces éditeurs militants et passionnés cultivent l’exigence, sous toutes ses formes. Poésie expérimentale. Œuvres d’auteurs oubliés. Essais pointus. Premiers romans hors normes, O.L.N.I. (objets littéraires non identifiés), ou tout simplement recueils de nouvelles (boudés par les grands éditeurs : il paraît que les Français n’aiment pas ça). Ils se contentent de très petits tirages. Leur amour des livres prime sur toute logique capitaliste.

Dénicher des textes oubliés, retraduire des classiques, découvrir des auteurs refusés partout : quelques-uns des commandements, quelques-unes des missions de ces micro-éditeurs. Ils œuvrent en artisans du livre, en toute indépendance.

Fragilisés par un cruel manque de visibilité, ils souffrent d’une image élitiste : aux grandes maisons les textes faciles, aux petits les recueils de poésie abscons et les romans illisibles. Peu aidés par les pouvoirs publics, la plupart ne vivent pas mais survivent. Il peut parfois se passer deux ans avant qu’ils sortent un nouveau titre. L’argent reste le nerf de la guerre…

Casser les clichés, sortir ces micro-éditeurs de l’ombre : ce sont les défis d‘AlternaLivres.

Nous n’hésitons pas à lire des livres que des petites maisons d’édition publient. Et nous voulons mettre à l’honneur ces textes et ces micro-éditeurs. Histoire de prouver qu’il y a bien une alternative à la fadeur qu’on nous impose. Qu’un roman de Dan Fante republié chez 13ème Note vaut 1000 Maxime Chattam (et n’est pas plus difficile à lire). Qu’un recueil de nouvelles de David Thomas (Bernard Pascuito) ou d’Isabelle Minière (D’Un noir si bleu) peut séduire tout autant les masses que le dernier best-seller d’Hachette. Qu’un recueil de poésie du Cheyne peut bousculer, chavirer, renverser n’importe qui. Qu’un BEAU livre ne se mérite PAS. Qu’il serait bien plus simple, au lieu d’offrir à chaque Noël le prix Goncourt-Gallimard, de faire cadeau de tel chouette bouquin, aussi étonnant que drôle, que publie tel éditeur régional – oui, le petit éditeur qui milite dans son coin, et dans le village d’à-côté. Que tous ces ouvrages ne sont réservés à personne, qu’ils ne sont pas l’apanage des collectionneurs ou des lecteurs de Télérama. Que chacun peut y trouver du plaisir. Il suffit de chercher un peu, prendre le temps, se laisser guider par un libraire tout aussi indépendant que ces éditeurs…

L’amour des mots. Le désir de mettre à l’honneur ces éditeurs militants, ces dénicheurs passionnés. La volonté de prouver au grand public qu’un autre monde des livres est possible. Ces quelques phrases ont fait naître AlternaLivres.

La Saône-et-Loire : un écrin idéal

En province, on peut tout aussi bien parler du livre qu’à Paris. Des micro-éditeurs travaillent à nos portes, à Gibles, à Cuisery, ou dans d’autres départements bourguignons, à Neuilly-les-Dijon, Nevers…

Et justement… La Saône-et-Loire est une formidable terre littéraire : Abélard, Christian Bobin, Maurice Blanchot, Lamartine, André Frénaud… Et paradoxalement, aucune grande manifestation littéraire n’y a été pérennisée…

Enfin, la Saône-et-Loire a la chance d’abriter l’un des huit « Villages du livre » de France, le seul qui du reste propose chaque mois un marché du livre. Une richesse qu’il est nécessaire de mettre en valeur.

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